Madame Flore 2
13 février 2007 17:32 | 1 commentaire
Alors alors...
J'aurais mieux fait de ma casser une jambe vendredi passé.
Ou d'écouter la voix de la raison. Vous savez, celle qui vous murmure "M'enfin, n'y vas pas, cette annonce est trop floue".
Faut croire que j'aime les choses entourrées de mystères.
Voiture, train, métro, jambes.
J'ai un bon sens de l'orientation (si si, c'est possible), pourtant je ne trouve pas le numéro indiqué. Les minutes défilent et j'ai peur d'arriver en retard. Ca ne ferait pas bonne impression. Ok, je comprends pourquoi je ne trouve pas le bon numéro. J'avais en tête un petit immeuble avec une enseigne quelconque et une porte en bois massif. Ou un bâtiment du genre.
Mais je me retrouve face à de nouveaux immeubles. Grands, modernes, gris, brillants, imposants. Je suis passée trois fois devant eux sans même zieuter les numéros.
Je louche sur les noms écris en petit. Monsieur Machin, Madame Truc, Mr et Mme Untels. Ah, enfin je trouve la sonnette qui va m'ouvrir les portes d'un univers inconnu.
Je sonne. Biiip biiip biiip (ben quoi, ca faisait vraiment ce bruit là). Je m'approche du parlophone, prête à débiter mon texte de présentation.
Rien. Pas de réponse. Il est pourtant à peine 15h10. Je titille à nouveau monsieur Biiiip. Rien.
Je m'allume une clope. Peut-être Madame Flore est elle occupée, ou n'a t elle pas entendu monsieur Biiiip. J'écrabouille mon mégot à l'abri des regards indiscrets. Je n'aime pas que les gens me voient polluer.
Je tente à nouveau de me faire entendre, et si possible recevoir. Je m'acharne même. Je suis certaine que ça crie Biiiip Biiiip Biiiiip dans tout l'immeuble. Mais ô rage ô désespoir, toujours aucune réaction.
Deuxième cigarette. Je me rends compte que les gens qui me voient à l'entrée de cet immeuble savent tous pourquoi je suis là. 'Oh, une future donneuse corporelle'. Il y même deux hommes qui me glissent un sourire complice. Le conducteur d'un taxi me fait un petit signe de tête. Ou alors, je suis complètement parano. Ce qui est fortement probable.
Hop, je tue mon amie Clopinette. Elle va rejoindre les restes de sa soeur.
Cette fois, j'y vais franco. Et que je pousse sur monsieur Biiiip, et que je parle seule au parlophone, et que je sautille devant la caméra. Rien n'y fait.
Les Secrets d'Alcôves resteront des secrets pour moi.
M'en fous, il y a du soleil.
Je me prépare psychologiquement à abandonner mon ami Biiiip. Il est 15h35.
Trois jeunes femmes et un homme arrivent alors à l'entrée de l'immeuble. Ils discutent. Ils rient.
Les femmes sont très femmes. Belles, maquillées, stylées. Je suis de suite persuadée qu'elles travaillent pour Madame Flore.
Je m'apprête à leur demander si elles la connaissent. Puis me ravise. Je ne sais pas pourquoi, mais en voyant ces femmes, je ne me sens pas à ma place.
Et puis si j'avais du travailler avec Madame Flore, elle m'aurait ouvert cette fichue porte.
Le destin en a décidé autrement.
Je souris au petit groupe.
Jambes, métro, train, bus.
Et Parano.

1 commentaire à cet article.
Une belle histoire pour une douce dame, continue ton chemin